Conversations avec Marlowe l’Enchantecœur: 5 – Vivre l’instant éternel

Lorsque mon corps se réveilla le lendemain après une nuit reposante, je venais juste de rentrer d’une nuit pétillante passée dans le temple de la Vérité. Mon corps m’attendait sous la couette au chaud sans avoir trop envie de sortir du lit douillet, ce que je compris parfaitement. Il avait besoin de ma chaleur de Cœur pour trouver le courage de sortir du lit. Je le prenais dans mes bras du Cœur pour le rassurer et pour lui expliquer que ce qu’il vivait n’était qu’un rêve, qui certes pouvait tourner en cauchemar parfois. Je l’invitai à se réveiller doucement de son rêve. Je le tenais dans mes bras comme un enfant, compatissant pour toutes les misères que l’ego lui avait infligées. Dans la mémoire de ces cellules gisaient quantités de vieilles histoires qui l’avaient littéralement traumatisé. Inconscient, il se croyait coupable alors que ce bel enfant que je tenais dans mes bras avec un amour de père était parfaitement innocent. Il se croyait dans un rêve du passé et vivait l’instant comme si celui-ci était le fruit du passé tandis que mon Cœur lui insufflait que ces mémoires n’étaient qu’un rêve irréel qui n’avait jamais existé. Enfin, il prit le courage de sortir du lit pour s’éveiller à la lumière de la vérité.

Camille : Je suis un peu perplexe du titre que tu proposes. J’ai toujours entendu dire que c’était important de vivre l’instant présent.

Marlowe : J’aimerais d’abord te rappeler que je ne m’adresse pas à ton mental quand nous conversons. Si tu ne comprends pas quelque chose avec ton mental, c’est très bien et ça n’a aucune importance, car je ne parle qu’au cœur-esprit.

Le temps tel que les Humains le conçoivent n’existe pas en réalité. Tu le sais déjà, mais je le répète au cas où.

Camille : C’est gentil. Je t’en suis reconnaissant.

Marlowe : Le temps appartient à la réalité illusoire que l’esprit de l’ego a créée. Si le temps est une réalité illusoire, le passé – présent – avenir ne peut donc pas exister. Considérer l’instant présent comme « seule » réalité comme le transmettent certains enseignants, voudrait dire que l’on donne une réalité à une illusion, car on attribuerait une valeur réelle à la notion temporelle du présent. S’il n’y a pas de temps, il n’y a pas de présent. Ça semble logique, n’est-ce pas, cher frère ?

Camille : En conclusion, il n’y a pas d’instant présent. Vu comme ça, c’est une évidence. Je sens que ça va devenir un exercice périlleux de vouloir exprimer des réalités vraies avec les limitations spatio-temporelles du langage humain.

Marlowe : Nous nous trouvons en effet dans un grand paradoxe de vouloir exprimer des réalités au-delà des notions du temps et de l’espace avec des concepts issus de l’illusion spatio-temporelle. Mais faisons avec, c’est un défi, c’est un jeu et surtout ne le prends pas trop au sérieux (rire) ! La réalité universelle est infinité et éternité. Quand je dis « l’instant », je me réfère à la non-durée de la réalité où tout est, le Tout est.

Camille : Ça veut dire que la réalité n’a ni un début ni une fin ? Je suis fin heureux de l’apprendre, car ainsi je débute une nouvelle vie où le faire peut enfin se taire. Alors, je proclame : « JE SUIS éternité et infinité », et tout est dit ! Et n’en parlons plus !

Marlowe : (sourire) C’est vrai, ce que tu dis. Toi qui aimes la parole, prépare-toi à ce qu’elle disparaisse, car elle aussi ne fait que partie de l’illusion rendu réelle. À vrai dire, elle n’a jamais existé.

Camille : Tu veux vraiment que je déprime ! J’adore la parole, j’adore le jeu du verbe.

Marlowe : Alors continue à jouer. On n’arrache pas un jouet à un enfant, n’est-ce pas ? Aussi longtemps que tu resteras attaché aux paroles, tu jouiras de l’illusion de ton jeu.

Camille : Je me prépare à faire le deuil. Ça va déjà mieux, si je suis conscient que je joue avec l’illusion ! Qu’en dis-tu ?

Marlowe : Rien. Ça ne serait que de l’illusion.

Camille : Ce n’est donc plus la peine d’en parler. De quoi parlons-nous encore ?

Marlowe : De plus rien. Tu as raison. Dans la réalité, nous ne parlons pas, en tous les cas, pas avec des paroles. Parlons silence. Regarde-moi dans les yeux sans mot dire. (Long moment de silence) Tu viens de vivre l’instant éternel.

Camille : Waouh ! C’est magique ! C’est puissant, c’est gigantesque ! Je ne trouve pas de mots !

Marlowe : Dans ce que tu viens de vivre, il n’y a plus de mots, donc impossible de décrire avec des mots. Dans cet instant, tu es en présence de l’éternité et qu’est-ce que c’est d’autre que la présence divine ! C’est l’extase permanente, c’est l’intensité de vie universelle vibrant d’amour, de joie, de paix, je pourrais énumérer tous les attributs divins. Traduit en langage humain, je pourrais dire que c’est un langage de « sensations ».

Camille : Pourquoi ne pas le nommer « senspassions », comme ça je peux encore jouer un peu.

Marlowe : Ne t’inquiètes pas ! Personne ne va t’arracher tes jouets. Tu déposeras délibérément tes jouets quand tu seras prêt, point pour entrer dans le monde sérieux du mental, mais pour entrer en toute liberté dans le jeu divin. Celui-ci est d’une intensité qui dépasse infiniment tes jeux dans le bac à sable de l’ego. C’est la joie, l’amour, l’extase permanente. Dans l’instant éternel, c’est comme si toute la vie était compressée dans un point éternel. Continues à faire l’expérience comme toute à l’heure et tu vivras de plus en plus en présence de l’éternité, c’est-à-dire en présence divine. Entre dans le tout où réside le rien, dans l’instant qui est l’éternité, dans le un qui contient le multiple, dans la présence où rien ne devient et rien n’existe plus. C’est la présence du tout où tout est en Sa présence. C’est l’instant où n’existe plus que deux mots : JE SUIS ou TOUT EST.

Camille : En tout cas, ça dépasse tout ce que j’ai pu vivre auparavant. L’intensité du jeu dans le bac à sable semble en effet fadoche et pale, alors que je croyais parfois m’amuser sérieusement. Je pensais que le rêve était pétillant et tout semblait possible alors que tout se jouait avec la totale liberté d’un automate qui joue librement ses programmes de jeux en prenant le mode de la lecture aléatoire pour de la liberté.

Marlowe : C’est en effet la liberté de l’automate. C’est quand l’ego croit qu’il est libre, quand il peut faire ce qu’il veut. Alors que tu ne peux vivre la vraie liberté que lorsque tu es pur-esprit dans l’instant éternel. Bien sûr, tu as raison de dire que l’instant lui-même exprime déjà une notion temporelle même s’il est infinitésimal. Voilà les limitations du langage.

Camille : Si tu dis déjà à l’avance, ce que je m’apprête à dire, ce n’est plus la peine que je dise quoi que ce soit.

Marlowe : De toute façon, tu ne t’exprimes pas pour moi, mais pour toi.

Camille : Comment ça ? Je te parle à toi.

Marlowe : C’est en tous cas ce que tu crois. Tu ne parles que pour mieux te comprendre toi-même, c’est tout. En parlant, tu peux clarifier davantage ce qui est vivant en toi. Tu ne parles que pour t’écouter et mieux te comprendre, et moi, je t’écoute pour t’aider à mieux te comprendre.

Camille : Ouf! J’ai à nouveau le tourniquet. D’ailleurs, converser avec toi, c’est comme faire du carrousel en permanence !

Marlowe (rire) : C’est juste pour te permettre d’expérimenter la loi de l’impermanence. C’est toi qui crée le mouvement dans le monde des formes où tout semble devenir et disparaître, alors que tout est immuable. Dans le rêve, tu sembles faire le grand huit en permanence. Le tourniquet s’installe quand tu as trop longtemps tourné en rond autour du centre de ton ego et tout à coup le mouvement s’arrête et le silence et l’immobilité s’installent. Après cela, tu trouveras ton vrai équilibre où tu seras vraiment libre. Libre en présence de l’amour dans l’éternité.

Camille : Je sens la paix qui s’installe.

Marlowe : En vivant l’instant éternel, tu es dans la paix, car la tension disparaît. La tension émerge de la séparation. Si l’on considère qu’il y a un toi et un moi, cela crée une tension, donc un état de non-paix, un déséquilibre dans lequel tu n’es plus libre. L’instant éternel est un état d’être d’unité, de paix et de liberté. C’est un état d’amour sans limites et sans conditions.

Camille : Pourrais-je l’appeler également l’éternel présent.

Marlowe : Je l’appellerais plutôt l’éternelle présence. Je ne veux pas pinailler, mais puisque tu cherches la précision …

Camille : … Ça m’inquiète quand même un peu, quand je me rends compte que je vais parler de moins en moins et qu’à un moment donné, la parole n’a plus de raison d’être.

Marlowe : Je comprends ton inquiétude. C’est bien parce que tu t’es attaché à elle, que tu lui donnes une importance qu’elle n’a pas. C’est valable pour tout, dès que tu t’attaches à quelque chose ou à quelqu’un, non seulement tu es dans la séparation, mais tu lui accordes de l’importance. Tu accordes de l’importance à un rêve que tu crées, mais qui n’est pas réel. Comme je t’ai dit à plusieurs reprises, dans le rêve tu projettes à l’extérieur une réalité illusoire que l’on pourrait nommer le film de ta vie. Vous, les Humains, vous êtes pour le moins d’excellents cinéastes avec tous les scénarios que vous vous créez. Par la suite, vous les prenez totalement au sérieux et vous vous attachez au cinéma que vous vous êtes fait dans vos têtes et que vous projetez à l’extérieur sans cesse. Je ne suis pas en train de me moquer, je vous décris simplement votre fonctionnement. C’est tout de même étonnant que vous ne vous soyez pas encore lassé de vos scénarios à répétition, c’est comme si vous viviez dans un mode « replay » en permanence.

Camille : C’est bien parce que nous faisons durer notre cinéma que nous avons l’impression que le temps existe. En plus, je vois que nos scénarios sont bourrés de confusions comme celle de prendre l’attachement pour de l’amour ? Même la psychologie marche à fond dans la boue de cette confusion.

Marlowe : Je ne m’exprimerai pas là-dessus, c’est un grand sujet, mais nous pouvons y revenir à une autre occasion.
Le premier pas consiste toujours à en prendre conscience, ensuite d’éteindre le projecteur de plus en plus souvent, en faisant le vide et le silence par exemple. Lors du prochain pas, tu peux éteindre la caméra du mental et déposer ainsi le travail de producteur et de réalisateur de cinéma.

Camille : Et que faire après ?

Marlowe : Rien. Il n’y a rien à faire. Ainsi, tu arrives dans l’être et tu deviens un maître (rire). Blague à part, TU ES, c’est tout.

Camille : N’est-ce pas ennuyeux de ne plus rien faire ?

Marlowe : L’intensité de vie de l’être est infiniment plus élevée que le pâle plaisir du faire. L’intensité de vie éternelle est condensée dans l’instant éternel.

Camille : C’est l’éternelle question de savoir si le rêve ou la réalité est plus intense. En tous cas, je commence à piger que nous vivons une illusion intense qui n’a pas de sens !

Marlowe : Ça, c’est bien vrai, mieux vaut vivre en paix ! (grand sourire)

Après cette conversation, j’étais sincèrement préoccupé du fait que même les paroles allaient être inutiles et désuets, lorsque je retournai dans la vie de l’esprit pur après le voyage de rêve que mon ego avait mis en scène en faisant toute une histoire. J’essayais de me convaincre en me disant que même Dieu avait prononcé le Verbe quand il avait créé le monde et que ça devait donc être un acte divin de prononcer des paroles comme je le faisais en m’amusant. Malheureusement, je n’arrivais même pas à me convaincre moi-même. J’avais déjà trop compris le jeu de l’ego pour me laisser prendre au jeu par mon propre jeu. Je déprimai pour un instant éternel qui ne dura heureusement pas trop longtemps. Je décidai de jouer encore un maximum jusqu’à ce que je choisisse de déposer mes jouets définitivement.

Les chants d’AILESIA*: Le Chant de la féminité

Version sonore:
(paroles: Beat, sons: Mélanie)

Texte:

Le chant des Sirènes n’est point pour séduire ou captiver l’homme, c’est le chant des femmes pour honorer la beauté de la Vie. Il est d’une grâce et d’une beauté exquise, inspiré par la Mère divine elle-même qui souffle sa grandeur splendide dans les cœurs des femmes chantantes. Chantons en chœur la puissance de la douceur et la force de l’amour qui englobe toute Vie. Ouvrons-nous à la délicatesse du Féminin sacré en la femme et en l’homme qui s’éveillent à sa splendeur.Lire la suite…

Conversations avec Marlowe l’Enchantecœur: 4 – Naître pour être Maître

J’étais ravi quand Claire me proposa l’après-midi de me faire visiter les jardins et les entourages proches du domaine.  Elle m’invita davantage à m’unir aux plantes plutôt que de les percevoir avec mes sens physiques. Au début, j’avais de la peine mais Claire était très patiente. Un moment donné, elle s’assit avec moi devant un rosier de Damas, m’invita à fermer les yeux et pris délicatement ma main. Soudain, cela nous transporta dans un vécu sublime de joie, de douceur d’amour et de paix où j’avais l’étrange sensation de me dissoudre en m’unifiant. Lire la suite…

Conversations avec Marlowe l’Enchantecœur: 3 – L’éveil du rêveur qui tenait tant à son rêve

Dans mon rêve nocturne, je me retrouvais un marin qui était en train de débloquer le gouvernail de son bateau, resté coincé dans une position fixe. Je fus perplexe de constater qu’autour de moi il y avait quantité innombrable de navigateurs qui naviguaient tous dans la même direction. Ce qui m’effrayait était de constater qu’ils faisaient tous semblant de naviguer, alors que leurs gouvernails étaient tous orientés dans la même direction que le mien. Lire la suite…

Conversations avec Marlowe l’Enchantecœur: 2 – Le corps est mort, vive la Vie!

Le lendemain, je guettais partout pour m’apercevoir de la présence de Marlowe, mais je ne le trouvais nulle part. Une jeune femme, qui se nommait Claire, s’occupait de mon hospitalité. Elle était très discrète, bien que très accueillante. C’était plus sa présence que ses mots qui parlait, car elle parlait très peu et ne disait que le stricte nécessaire. Au début, cela me gênait un peu, mais peu à peu je m’accordai simplement à sa présence car je sentais qu’il n’y avait en effet pas besoin de mots. Sa présence était un étrange mélange de douceur et de lucidité cristalline. Elle était plutôt de taille petite et svelte. Pensant à ma conversation de la veille, je me demandai tout à coup si son corps était réel ou si je n’étais pas seulement en train de regarder une image. En quelque sorte, sa présence me semblait plus réelle que son apparence physique. J’eu un instant l’élan de la toucher pour sentir si son corps était dense, mas je n’osais tout de même pas le faire. Elle avait autour d’elle comme un champ électrique dans lequel je n’aurais pas osé entrer.

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Conversations avec Marlowe l’Enchantecœur : 1 – Un corps sain dans un esprit saint

L’été dernier, je faisais un voyage au travers d’immenses étendues de forêts et plus j’avançais, plus j’entrais en lien profond avec la puissante et mystérieuse nature ainsi qu’avec ma propre nature profonde. C’était comme si la nature était en moi et moi dans la nature, comme si nous ne faisions qu’un.

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