
Sortir de l’illusion et évoluer vers la Vérité de l’Être
2ème partie: Évoluer vers la Vérité de l’Être
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Retour à la Maison
Qu’est-ce que la vie, alors, si elle n’est pas ce que je croyais – ou ce que l’on m’a fait croire ?
Qui suis-je, si je ne suis pas celui que je croyais être et qui ne faisait que jouer un personnage dans un théâtre d’ombres, vêtu d’un faux costume ?
Au moment où je me pose sincèrement ces questions, je deviens un chercheur de vérité. « Cherche et tu trouveras », est l’invitation qui s’adresse à celui et celle qui se mettent en chemin vers la vérité de leur être et de la vie. De ce choix découle inévitablement un engagement sans relâche.
Si, jusqu’à présent, j’ai navigué dans des eaux mensongères et illusoires, je suis dès lors convié à naviguer vers des eaux, des terres et des airs inconnus. Cela ne va pas sans qu’il faille quitter les zones connues où j’ai pu m’installer dans un confort factice qui semblait me rassurer. Ainsi, « je ne sais rien et ne connais rien », devient l’attitude avec laquelle le navigateur part pour une nouvelle aventure qui le conduira à découvrir des territoires inconnus.
L’inconnu devient alors l’espace habituel dans lequel j’évolue. Un espace où il n’y a ni concepts ou idées préconçues, ni mémoires du passé, libre de tout schéma de pensée et de comportement issu de conditionnements. Qu’adviendra-t-il alors ? Je ne le sais pas… et je l’accepte !
J’abandonne tout ce que j’ai connu et ce que je crois connaître. J’entre dans une sorte de point zéro, complètement présent à l’instant, sans temps ni espace. Je me trouve (comme) au début de la création de mon être, avant et sans les influences venant du (faux) monde extérieur. J’entre dans un état d’être pur et innocent.
Le vrai lâcher-prise signifie abandonner toutes tes actions au Soi supérieur (intérieur). Ce dernier est une fractale du Tout universel, à travers lequel s’écoule la Source de toute Vie.
Cela me place dans une humilité qui me permet d’accueillir. Tant que je crois savoir et connaître, ma coupe de vie est encore remplie de choses futiles et troubles, incapable d’accueillir l’essence de la vie. Le fait de jeter par-dessus bord tout le bazar accumulé dans mon intellect, y compris la contrefaçon de l’habit de l’érudit, s’est présenté à moi comme une conséquence inévitable.
Il n’y a plus rien à savoir lorsque tout est su.
Me délester, couche par couche, de tous mes faux habits jusqu’à ce que j’arrive dans le vide où il semble plus rien n’y avoir. Ce vide qui fait tant peur à l’ego ! Ce dernier tremble, terrorisé par sa vision d’un vide où rien ne subsiste. En effet, lorsque j’entre dans ce vide qui se révèle plein, il n’y a plus rien pour l’ego. Mais c’est précisément dans ce vide silencieux que la Vie afflue pour remplir ma coupe de vie.
La Vie s’exprime par deux grands principes : L’Esprit/Intelligence de l’univers et l’Âme/Amour universel. Le premier régit le mouvement associé à l’évolution de la Conscience et le deuxième maintient l’union entre toute expression de la Vie.
Le grand courant de vie peut alors commencer à affluer à travers moi et je deviens littéralement un courant de vie individualisé. Voilà le nouvel état d’être : lorsque l’ego a abdiqué et cédé la place au Soi supérieur (intérieur).
Cela génère l’ouverture qui me permet d’explorer de nouveaux « espaces » de conscience. Je l’imagine comme une maison composée de plusieurs étages. Toutefois, jusqu’à présent, je n’y avais habité qu’un seul étage : la cave. Chaque étage de la maison représente un état de conscience à travers lequel la vie se révèle à moi et s’exprime. Plus je monte les étages, plus mon champ de vision de la-des réalité-s de la vie s’élargit. Il n’y a pas un étage meilleur qu’un autre. Il ne s’agit que de vécus et d’expressions différentes de la grande Vie. Ainsi, à chaque état de conscience correspond un champ de fréquence vibratoire et y est associé un champ d’expression de la vie.
Cela n’a rien d’abstrait. Imagine simplement une maison avec une douzaine d’étages. Trois étages se trouvent au sous-sol, lequel est généralement dépourvu de lumière du jour. Chaque étage offre une autre vue, révélant des aspects divers et multiples de la vie.
Certes, il est utile de me rendre de temps en temps dans la cave de ma maison, mais de m’y installer en permanence n’a plus de sens pour moi. Ce n’est pas pour autant que je jugerais ceux et celles qui y vivent en permanence -et souvent dans l’ignorance-.
Tel un aventurier, j’accueille l’élan de découvrir la maison à la lumière de la conscience. Je commence à explorer ma maison à tous ses étages et jusqu’au dernier recoin. J’ai alors la bizarre sensation de rentrer chez moi et de commencer à y habiter véritablement.
Comme pour n’importe quel voyage d’exploration, je fais les préparatifs : je passe d’un état de faire à un état d’être – j’ai longtemps fait pour être et maintenant je choisis d’être pour faire. En fait, je préfère dire pour agir. J’abandonne tout ce qui est de l’ordre du personnage (de l’ego), je me délivre des peurs, des jugements, des interprétations et m’aligne sur mon être essentiel. J’ai un amour de moi profond – cela n’a rien d’égoïste ; seul l’ego dépourvu d’amour peut être égoïste. J’abandonne mon identification à la vie dans la cave comme seul espace de réalité. Cela ouvre la porte à l’esprit et l’invite à entrer en de nouveaux espaces (de conscience et de vie). Je mets également le ressenti et les sensations dans mon sac de voyage. J’en aurai besoin pour que les vécus des différents états de conscience soient vivants et vibrants. D’ailleurs, une prise de conscience purement mentale n’a pas la même profondeur qu’une prise de conscience issue d’un vécu associé à des sensations et ressentis. Le seul passeport de voyage valable est l’amour. Il me permet de franchir toute frontière et d’abandonner toute limitation.
Tu ne t’identifies plus au personnage qui a joué au faux maître de ta maison. Tu sais que tu n’es pas ton corps physique, ni tes pensées, ni tes émotions. Il s’est révélé à toi que les corps – physique, énergétique (éthérique), mental et émotionnel – sont des véhicules d’expression de la Vie universelle, tous précieux et indispensables pour manifester la vie.
Saurais-tu confondre le véhicule et son conducteur ? le cheval et son cavalier ? Vraiment, quelle super aliénation d’esprit – qui a pourtant régné si longtemps et maintenu l’esprit des êtres humains dans la confusion – !
Il s’est également révélé à toi que « corps-esprit-âme » étaient des véhicules essentiels, indispensables et inséparables pour exprimer la Vie.
Le premier véhicule, sous forme des corps physique et énergétique (éthérique), est celui de l’incarnation (sous forme humaine).
Le deuxième, sous forme d’un corps invisible (aux sens physiques), est le véhicule de l’Esprit (universel).
Le troisième, sous forme d’un corps de lumière, constitue le véhicule de l’Âme (universelle).
Avec mon baluchon d’explorateur, je pars à la découverte de ma maison dont j’ignorais la majeure partie. Parfois, je me pose encore la question : comment était-ce possible de rester confiné si longtemps dans la cave de ma maison ?
Je pars avec l’engagement ferme de faire, progressivement, des étages éclairés par la lumière du jour (de la conscience), mon logis principal. Je ne retournerai à la cave que lorsque le besoin m’y appellera : enlever d’éventuels cadavres dans mes placards de cave ; jouer en conscience dans le théâtre d’ombres pour y distribuer humblement des invitations à s’éveiller de l’état de somnambule et servir de panneau indiquant la sortie du théâtre, respectivement du cinéma ; régler certaines affaires cave-rnesques auxquelles je serai encore lié tant que je participerai au théâtre mondial, humain et terrestre, dans l’intention claire que ma participation à ce jeu diminue progressivement et que ma créativité se déploie de plus en plus dans les étages supérieurs de ma maison de vie.
L’humilité, la gratitude et la paix intérieure t’ouvriront les portes qui te conduiront vers de nouveaux espaces de Conscience et de Vie infiniment plus lumineux et joyeux.